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Marguerite

Octobre 2004

Témoignage: Marguerite et Songtaaba

Qu’est-ce que Songtaaba a changé dans votre vie ?

Avant Songtaaba, je m’occupais de ma famille. J’ai trois enfants, deux fils et une fille, qui sont grands aujourd’hui. Je faisais le ménage, la cuisine, les courses ; j’entretenais ma concession.
La chose la plus importante que Songtaaba m’a apporté c’est de rencontrer d’autres femmes. De discuter ensemble, de palabrer, de travailler ensemble. A la maison, on ne pouvait voir que les voisines. Là, on voit des femmes de partout.
La seconde chose, c’est l’argent. Les hommes en Afrique ne sont pas toujours réguliers dans les paiements qu’ils font à leur épouse pour l’entretien de la concession. Parfois aussi, ils ne peuvent pas. Gagner sa vie permet de mieux nourrir les enfants, de leur payer des soins de santé et également de payer l’école.
C’est encore plus vrai pour les jeunes femmes qui travaillent au centre et qui ont besoin de Songtaaba pour élever leurs enfants.

Que faites-vous à Songtaaba ?

J’ai commencé avec Songtaaba dès le début. On ne gagnait pas beaucoup d’argent avec le beurre conventionnel mais c’était déjà quelque chose. Avec le bio, on gagne plus.
Aujourd’hui je suis animatrice pour le projet Bio. Je forme et accompagne les femmes dans les villages. Avec elles, on fait le parcellage, le suivi des fiches et le contrôle qualité, des formations sur le bio et en fin de campagne, on fait la collecte (achat des amandes aux villageoises). C’est beaucoup de travail… En plus, on commence à faire la transformation dans certains villages (Boulsin, Sapone) et je supervise également ces travaux.

Quel est l’impact de Songtaaba pour les femmes des villages ?

Encore plus que pour moi, Songtaaba a beaucoup apporté aux femmes en brousse. Elles s’en sortent mieux maintenant. Avant elle ne gagnait pas grand chose sur les marchés à vendre leurs amandes. Pour le Bio, on achète à un prix cinq-six fois plus élevé que les prix sur les marchés. Cela les aide vraiment à sortir de la pauvreté.
C’est important pour elles. Surtout quand comme cette année, les récoltes sont mauvaises à cause des faibles pluies. Elles vont pouvoir donner à manger à leurs enfants. Et leurs maris sont contents aussi : ils ont du soutien.
En plus, elles s’instruisent avec les sessions d’alphabétisation ou encore les formations bio. Certaines ont ainsi découvert Ouagadougou en venant aux dix jours (indemnisés) de formation.