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Quest-ce que Songtaaba a changé dans votre vie
?
Avant Songtaaba, je moccupais de ma
famille. Jai trois enfants, deux fils et une fille,
qui sont grands aujourdhui. Je faisais le ménage,
la cuisine, les courses ; jentretenais ma concession.
La chose la plus importante que Songtaaba ma apporté
cest de rencontrer dautres femmes. De discuter
ensemble, de palabrer, de travailler ensemble. A la maison,
on ne pouvait voir que les voisines. Là, on voit des
femmes de partout.
La seconde chose, cest largent. Les hommes en
Afrique ne sont pas toujours réguliers dans les paiements
quils font à leur épouse pour lentretien
de la concession. Parfois aussi, ils ne peuvent pas. Gagner
sa vie permet de mieux nourrir les enfants, de leur payer
des soins de santé et également de payer lécole.
Cest encore plus vrai pour les jeunes femmes qui travaillent
au centre et qui ont besoin de Songtaaba pour élever
leurs enfants.
Que faites-vous à Songtaaba ?
Jai commencé avec Songtaaba
dès le début. On ne gagnait pas beaucoup dargent
avec le beurre conventionnel mais cétait déjà
quelque chose. Avec le bio, on gagne plus.
Aujourdhui je suis animatrice pour le projet Bio. Je
forme et accompagne les femmes dans les villages. Avec elles,
on fait le parcellage, le suivi des fiches et le contrôle
qualité, des formations sur le bio et en fin de campagne,
on fait la collecte (achat des amandes aux villageoises).
Cest beaucoup de travail
En plus, on commence
à faire la transformation dans certains villages (Boulsin,
Sapone) et je supervise également ces travaux.
Quel est limpact de Songtaaba pour
les femmes des villages ?
Encore plus que pour moi, Songtaaba a beaucoup
apporté aux femmes en brousse. Elles sen sortent
mieux maintenant. Avant elle ne gagnait pas grand chose sur
les marchés à vendre leurs amandes. Pour le
Bio, on achète à un prix cinq-six fois plus
élevé que les prix sur les marchés. Cela
les aide vraiment à sortir de la pauvreté.
Cest important pour elles. Surtout quand comme cette
année, les récoltes sont mauvaises à
cause des faibles pluies. Elles vont pouvoir donner à
manger à leurs enfants. Et leurs maris sont contents
aussi : ils ont du soutien.
En plus, elles sinstruisent avec les sessions dalphabétisation
ou encore les formations bio. Certaines ont ainsi découvert
Ouagadougou en venant aux dix jours (indemnisés) de
formation.
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